Pourquoi

Garder les voix, pas seulement les dates.

Le vrai risque n'est pas de perdre une date de naissance. On la retrouve dans un registre. Le vrai risque, c'est de perdre la voix de quelqu'un, et l'histoire qui allait avec.

Une boîte de photos sur la table

La scène qui a lancé Ludovie est banale. Une boîte de vieilles photos ouverte sur la table un dimanche après-midi ; quelqu'un en prend une et dit : « Là, c'était devant la maison de mon oncle, juste après la guerre. » Tout y est en dix secondes : la photo, les visages, le lieu, une date approximative, et la voix qui raconte.

Et rien, dans les outils que je connaissais, pour garder les cinq ensemble. Les logiciels de généalogie savent ranger la date. La photo finit dans un dossier. La voix, personne ne la garde.

Les logiciels de généalogie ont été pensés pour compiler des actes. Ludovie est pensé pour garder ce qu'une famille sait d'elle-même.

Ce que font les autres, et pourquoi je ne l'ai pas refait

Ces outils sont bons à ce qu'ils font. Aucun ne faisait ce que je cherchais.

Les choix

Le web d'abord, le téléphone sur place

On voit et on range un arbre sur un grand écran. On relève une tombe, on prend une photo, on écoutera un récit avec le téléphone, debout, chez quelqu'un. Ludovie est une seule application, ouverte dans le navigateur, qui fait les deux ; une app mobile viendra sur la même base, pas à côté.

Une famille est un espace fermé

Seuls ses membres la voient. On y entre avec un code que l'administrateur choisit de donner, et on arrive lecteur. Rien n'est public par défaut. Nous n'accédons pas aux contenus en fonctionnement normal.

Le contributeur propose, l'éditeur valide

C'est la réponse aux arbres publics où les corrections se font la guerre, et aux arbres privés où un cousin bien intentionné efface dix ans de travail. Dans Ludovie, un contributeur remplit les mêmes formulaires que vous ; sa modification attend dans le fil, avec l'avant et l'après, jusqu'à ce que quelqu'un l'accepte. Et le fil garde la trace de tout, même de ce que les éditeurs écrivent directement.

Les doutes ont leur place

La généalogie réelle est pleine de « vers 1890 », de « avant 1900 », de liens supposés. Ludovie les garde tels quels. Et quand quelque chose ne colle pas, une mère enregistrée comme épouse de son fils, un parent né après son enfant, la page « À vérifier » le signale sans rien refuser. Parce que, parfois, c'est vrai : il y a eu des mariages arrangés pour garder une ferme.

On peut sortir

L'import GEDCOM était là dès le début, pour ne pas obliger les familles à tout ressaisir. L'export GEDCOM est le prochain chantier : « vos données restent les vôtres » n'a pas de sens sans lui. Le propriétaire d'une famille peut la supprimer entièrement, à tout moment.

Pas de publicité, pas de mesure

Ni dans l'app, ni sur ce site. Aucun cookie de mesure d'audience, aucun traceur, aucune donnée vendue ou louée. Ludovie garde des souvenirs de famille ; c'est intime, et ça se traite comme tel.

Ce qui n'est pas encore là

Les voix. Enregistrer un récit sur une photo ou une personne, le transcrire fidèlement, sans réécriture, et le relier aux fiches et aux lieux : c'est la raison d'être du projet, et ce n'est pas encore livré. L'export GEDCOM, l'aperçu public par un lien, la détection des visages, l'application mobile non plus.

Je préfère écrire « bientôt » que faire semblant. Le journal dit ce qui est réellement arrivé, et pourquoi.

Comment ça avance

Un bloc par semaine, à partir de ce que les familles demandent. Chaque entrée du journal commence par la demande d'origine, souvent une phrase dite devant l'écran. Si quelque chose vous manque ou vous gêne, écrivez à mail@sojastud.io ; une personne lit, et répond.

Maxime Devoge